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NR : Il est le dernier Úpicier de la vieille ville

A Châteauroux, le temps passe mais l’épicerie Arbona reste. Rue Grande Jean Arbona, troisième du nom, en est le gardien depuis trente ans.

Quand il ne discute avec le client, Jean Arbona siège au fond de son antre, derrière un empilement de boîtes de conserves, de produits frais, de denrées de base mêlées de quelques produits exotiques. Un décor digne d'un autre siècle, avant l'apparition des grandes surfaces, quand les épiciers étaient au cœur d'une intense vie de quartier.

Surprendre les clients

Jean Arbona, qui porte le même prénom que son père et son grand-père, est le dernier représentant de cette profession dans la vieille ville de Châteauroux.
Dans sa jeunesse, auprès de son père, il faisait la tournée en camionnette dans les campagnes environnantes. Des voyages parfois épiques qu'il se rappelle avec une certaine nostalgie. Né en 1950, il a aussi connu la cité à l'heure de la base américaine. L'époque des « bars à filles ». L'épicerie alimentait ces clientes « comme les autres » en bouteilles de champagne gardées au frais.
Après ses études de commerce, l'héritier envisageait de partir au Brésil mais le commerce familial l'a rattrapé. Il en est devenu le patron à la fin des années 1970. Le destin ? « J'adore la vente, le contact. J'ai choisi ce qui me faisait plaisir. Les stages en supermarché m'avaient dégoûté du libre-service. » Il a quitté la place de la République pour s'installer rue Grande. Et alors que père et grand-père travaillaient avec leur épouse, lui a embauché une vendeuse, Laurence, son bras droit depuis trente ans.
Proposant toujours les denrées de base, il a progressivement transformé « l'épicerie normale » de son père en un espace prisé pour ses produits fins. « Des niches. »
Les whiskies en sont une « avec près de 300 références, annonce-t-il avec fierté. J'ai des clients qui viennent chercher quelque chose qui les surprendra, eux et leurs invités. »
A 64 ans, avec des décennies de boutique au compteur, Jean Arbona n'envisage pas de prendre sa retraite. « À quoi bon arrêter. Tant que je m'amuse, je continuerai », défie-t-il. Aucun de ses deux fils ne souhaitant suivre ses traces, le troisième épicier du nom sait qu'il sera probablement le dernier.

Pauline Vinatier