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NR : spécial centre ville

La locomotive H & M arrive

On en parlait depuis des mois. L'enseigne internationale H & M sera bien la locomotive tant espérée du futur Cœur d'agglo, désormais dénommé Résidence Exelmans. Un nom qui résonne particulièrement chez la jeune génération, férue de mode. Car l'enseigne suédoise a, dès 1947, développé une idée inédite : vendre de la mode féminine et de qualité à des prix imbattables. C'est toujours ce qui fait son succès aujourd'hui dans le monde entier. H & M est en effet présente dans 53 pays et sur tous les continents où elle a développé près de 2.900 points de vente et emploie 100.000 salariés. En France, l'enseigne a ouvert sa première boutique à Paris, rue de Rivoli, en 1998. H & M qui s'adresse aussi à la gent masculine, s'est également adjoint le concours de grands stylistes.

Autant dire que ce monstre international de la mode va peser lourd dans la redynamisation du centre-ville jouant le rôle d'aimant pour de futurs investisseurs.
L'opération Exelmans, le plus gros projet immobilier et commercial du département, aura tardé à se mettre en route, et ne sera livrée qu'à l'automne 2015. Portée par le Groupe Guignard, elle représente un investissement de 15 millions d'euros. Un risque aussi, mais bien moindre avec l'implantation du géant suédois.

Michel Krilewyez, président de la FAE

" Pouvoir offrir le parking à nos clients "

>Les loyers. « Ils sont relativement chers, c'est vrai. Paradoxalement, un pas-de-porte qui valait 100.000 € il y a six ans, vaut maintenant 50.000 €. Le marché s'est effondré, ce serait presque le moment d'acheter. De toutes les villes de la région où je suis présent, c'est à Châteauroux où le foncier est le plus élevé. » Propriétaire de plusieurs pas-de-porte, il promet : « En 2014, je n'augmenterai pas les loyers. »

> Les projets. « Je suis heureux de voir qu'il y a un projet commercial en centre-ville. Il faut une petite Fnac pour répondre aux besoins culturels et de papeterie. Il y a d'autres besoins comme les arts de la table. Il n'y a plus rien dans ce secteur depuis la disparition du magasin Harmonie. J'attends aussi Ozans qui réveillera cette ville qui est une belle endormie. »

> Le stationnement. « Notre association de commerçants (180 adhérents) a des projets pour 2014. Nous voudrions offrir le parking, en ouvrage, à nos clients, avec le concours de la Ville, afin de pouvoir rivaliser avec les grandes surfaces périphériques. Sous la forme de coupons. Pour le stationnement en surface, il pourrait être possible à partir de 30 centimes comme dans d'autres villes. Nous voulons aussi fluidifier la circulation en modifiant le sens rue Jean-Jean-Rousseau et place Gambetta. »

Et si la Fnac s'installait en ville ?

L'occupation de l'ancien Espace culturel E. Leclerc est au cœur de la problématique commerciale en centre-ville. Mais tous les acteurs interrogés ouvrent leur parapluie dès qu'il en est question !

L'enseigne culturelle Fnac pourrait-elle s'installer à Châteauroux ? La question n'est pas totalement farfelue. Elle agite le landerneau commercial castelroussin depuis plusieurs mois. En fait, depuis la fermeture de l'Espace culturel E. Leclerc, en juin 2013. Antoine Vézard, responsable des E. Leclerc de l'agglomération castelroussine, avait alors tenté une approche avec cette enseigne. « Il y avait eu des discussions. Les responsables étaient même venus l'été dernier à Châteauroux puis j'avais abandonné le sujet. » Au profit d'un autre porteur de projet ? La réponse est oui. Selon nos informations, il y a bien un projet Fnac Châteauroux dans les cartons.
« Une tentative de projet, confirme une source proche du dossier. Mais si vous diffusez l'information, ça risque de tout faire capoter ! » C'était déjà le même problème avec H & M. Pourquoi cette prudence ?

« Châteauroux a malheureusement une mauvaise presse au niveau national, qui n'est pas justifiée, à mon avis », ajoute l'interlocuteur. Dans le centre-
ville, tout le monde attend pourtant ce type d'enseignes. D'autant qu'un espace culturel comme celui de E. Leclerc est économiquement viable. Si la surface de vente de 1.635 m2 (2.100 m2 avec les réserves et les accès), propriété du groupe Buildinvest, est partagée avec une autre enseigne.

Avec une nouvelle entrée ? Ce qui est sûr, c'est que les 17.000 références disponibles à l'époque du Leclerc (livres, disques, CD, vidéo, technique, jeux vidéo, loisirs créatifs, pa- peteries…) attiraient 300 clients par jour et généraient 10.000 passages en caisse, cha- que mois. Depuis la fermeture de l'espace culturel, l'une des deux librairies indépendantes du centre-ville a vu son chiffre d'affaires augmenter de 30 %. Il y a un besoin. Et comme la na- ture a horreur du vide, l'arrivée d'un « agitateur de curiosité » serait une très bonne nouvelle.

Rue Grande : l'ex-Snooker racheté

Il suffit parfois de peu de chose pour redynamiser un secteur commercial. Clément Jacquart, tout jeune coprésident du Cœur du Vieux Châteauroux, en est convaincu et son association vient de le prouver avec son marché de Noël, place Monestier. « Une équipe motivée, de la déco, des animations bien ciblées et un seul objectif : faire venir les gens vers nous. » Un rôle d'animateur de rue normalement dévolu à la FAE que l'association a repris à son compte parce que « nous aimons notre quartier et que nous voulons le faire bouger ».

En quelques mois, l'âge de la retraite venant, trois commerces de la rue Grande piétonne ont baissé le rideau et d'autres ne trouvent pas preneur.

Une grande enseigne à l'ex-Snooker

Une bonne nouvelle va lui redonner du souffle : l'enseigne nationale Dessange, dirigée par Emmanuel Renoux, mène un projet dans l'ancien et vaste local du Snooker (transformé en bazar puis en discount auto). « La rénovation de la rue piétonne a redonné de la valeur à nos boutiques et l'arrivée de cette enseigne est un vrai bol d'air. » Patricia Mijouin, de la boutique Lilo, s'en réjouit, tout en regrettant le manque de soutien de la Ville et de la FAE. « D'autres villes de même taille ont su marquer les entrées de leurs zones commerciales, pour drainer les clients. »
« La rue Grande est l'une des plus passantes du centre-ville mais on ne peut pas s'y arrêter, note le président du Cœur du Vieux Châteauroux. Circulation et stationnement sont un problème majeur. Personne ne sait qu'il y a un parking aux halles, ouvert nuit et jour… Les candidats aux municipales font actuellement des promesses pour redynamiser le centre-ville. Mais leurs idées, ils les ont prises auprès de qui ? »


Rue de la Gare : prémices d'un renouveau

Depuis mai dernier, où nous dressions un portrait assez noir de la situation du commerce, rue de la Gare, trois enseignes ont ouvert leurs portes. Les Belettes s'habillent ont déménagé en juillet, Carpe Diem, fin octobre, et Refan s'est installé à la rentrée. Leurs raisons de ce choix ? Elles sont multiples.

Loyers moins chers

« J'ai décidé de m'intéresser à ce local parce qu'il proposait une grande surface de vitrine et que sa localisation m'intéressait, témoigne Émeline, des Belettes. Situé à l'angle de la rue Ledru-Rollin, beaucoup de gens passent devant, ou s'arrêtent en voiture, au feu. » Une aubaine pour la jeune maman qui déplorait la présence de grandes franchises, dans la rue de son ancien emplacement, rue de la Poste, « avec leurs soldes toute l'année. D'autant que je me suis tout de suite sentie accueillie par les autres commerçants, ici ».
Autre argument de choix : le prix du loyer. « Pour les mêmes surfaces, ils peuvent varier du simple au double par rapport aux rues du centre », soulève Béatrice, gérante du magasin de décoration de créateurs Carpe Diem, qu'elle a transplanté, fin octobre, au 72 de la rue. La preuve avec Fabienne, gérante du magasin de parfums, un peu plus bas, Refan : « Pour mes 25 m2 de surface de vente, je paie ici 500 € par mois ». Rue Victor-Hugo, il aurait pu atteindre le triple, « alors que nous sommes juste à quelques centaines de mètres de la rue, soulève Béatrice. Et je ne pense pas que ces centaines de mètres à parcourir refroidissent les clients ».
Les autres commerçants de la rue, « victimes » d'un certain effet boule-de-neige, n'ont qu'une parole aux lèvres : « Plus il y a de magasins, mieux c'est ! » Et Jean-Louis Nouvel conclut, un brin ironique : « La rue de la Gare va bientôt devenir la rue la plus commerçante de Châteauroux ! ».

Saint-Luc : " Franprix ne ferme pas "

Les rumeurs, on en meurt. Aussi, Anthony Courtel, directeur de Franprix, cours Saint-Luc, dément l'hypothétique fermeture du supermarché : « Faux, archifaux. Je suis parti six mois et le groupe Casino m'a demandé de revenir. Après une période de creux, les rayons sont à nouveaux pleins et le chiffre d'affaires a progressé de 20 %. Désormais, nous ouvrons dès 8 h ». Le directeur ajoute : « Ici, nous sommes un vrai commerce de proximité avec des livraisons gratuites pour les résidents. Comme ailleurs, nous sommes toujours victimes de petits larcins mais la police municipale passe régulièrement ».

" J'adore les périodes électorales "

Dans la boutique Hermite de Paris, Astrid Robin ne dit pas mieux : « C'est dommage, on a une mauvaise réputation qui nous colle à la peau. Quand le maire dit que le cours Saint-Luc a été mal fait et que ce n'est pas son problème, on pense quoi ? » Installée depuis huit ans, Astrid Robin ne se plaint pas : « L'épicerie m'a donné un grand coup de fouet avec la vente de produits pour trente producteurs de l'Indre et du Cher ».
La patronne de L'Hermite ironise : « J'adore les périodes électorales, c'est curieux, tous les candidats viennent nous voir. Dans le cours, les loyers ne sont pas trop élevés ; par contre, je paye 3.000 € pour le foncier. C'est trop ». Les bonnes idées, Astrid Robin n'en manque pas : « Le marché provençal de Châteauroux, pourquoi pas au cours Saint-Luc ? Les animations doivent tourner et, pour inciter les clients à revenir en centre-ville, nous aurions souhaité la gratuité du stationnement, le samedi, la semaine de Noël et à Pâques ».
Chez Natur House, on déplore justement le manque d'animations : « Il n'y a rien eu pour Noël, c'est tristounet, constate Elinka. Nous avons une clientèle par le bouche à oreille mais un jeune commerçant qui veut s'installer ici, il n'a pas grande chance de réussir ».

réactions

> Optique Krys, rue de la Poste. « Nettement moins de passage depuis la fermeture de l'Espace culturel E. Leclerc. En décembre, des clients sont venus, ils ignoraient toujours que c'était fermé », constate Valérie. Ses charges, auprès du promoteur Builtinvest, pour un emplacement en centre-ville : plus de 5.000 € de loyer mensuel et plus de 6.800 € de foncier par an : « C'est quand même très cher ».

> Les Petites Cigales, rue de la Poste. « Je pense que le loyer de cet emplacement a été fixé par rapport à l'enseigne culturelle E. Leclerc », indique Laurence. Malheureusement, l'enseigne a fermé. Pas facile de tenir avec 1.400 € de loyer mensuel pour 28 m2.

> Olly Gan, place de la République. Daniel Couillaud, locataire de Builtinvest : « C'est avec plaisir que l'on verrait s'installer une nouvelle enseigne en centre-ville ». Réservé sur les conditions : « Le gros problème de la surface commerciale occupée par E. Leclerc, c'est de ne pas avoir pignon sur rue ».

> Jean-Marc Roux, dont le magasin, rue Grande, a fermé, le 29 décembre, est amer : « Le prix des loyers des commerces pourrait baisser mais ce n'est pas la principale cause des fermetures. Les municipalités successives n'ont jamais vraiment pris en considération le problème du stationnement et aussi du foncier, car le cumul du loyer plus les charges, ça devient un vrai problème ».
L'ex-marchand de vêtements en est convaincu : « Nous avons fermé, un peu à cause de ces difficultés de stationnement car nous avons une clientèle vieillissante et de moins en moins de personnes qui fréquentent le centre-ville ». Jean-Marc Roux le sait, « les ventes sur Internet sont devenues une vraie concurrence et, en plus, le potentiel financier des habitants est limité ». Pas de solution miracle. Cependant, l'ancien commerçant met en garde : « La vente demande des connaissances avant tout. Certains se lancent dans le commerce et la façade est belle, mais il faut savoir ce que l'on vend ».