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Dans le cœur de la ville, on aime encore faire son shopping à pied et en plein air. Mais les tentations de Cap Sud et d’Internet ne sont jamais loin.

Dans les rues de Châteauroux, malgré la fermeture de soixante-cinq boutiques du centre-ville (NR de mardi), les consommateurs n'ont pas complètement déserté les lieux. Ils sont encore nombreux à arpenter la ville, paquets à la main et démarche assurée, surtout lorsque le soleil est de sortie.

La périphérie en second choix

Parmi eux, il y a ceux qui « détestent Cap Sud », comme André, la cinquantaine, médecin en centre-ville, qui fait le choix de ne pas mettre les pieds en périphérie. Et ceux qui restent attachés aux rues commerçantes pour faire leurs achats. C'est le cas de Jean-Paul, un peu fataliste, mais que les fermetures de magasin ne freinent pas dans son attrait pour le cœur de ville : « Les commerces qui mettent la clé sous la porte, c'est un constat de longue date. C'est la conjoncture actuelle qui veut ça. Châteauroux ne s'est jamais vraiment remise du départ des Américains ! Heureusement qu'il y a encore Carrefour, en ville », conclut le quinquagénaire, sans tirer la sonnette d'alarme pour autant.
Il partage l'avis, comme beaucoup de clients et de commerçants, « que ça ne va pas mieux à Cap Sud, où les boutiques ferment aussi ».
Chez les plus jeunes, comme Antoine et Rachel, 23 et 28 ans, on ne boude pas non plus les rues commerçantes : « Même si pour l'habillement masculin il y a peu d'offres, les commerces de proximité sont pratiques, on y vient souvent », résument les deux collègues croisés place Gambetta.
Même chose pour Guillaume, 28 ans. Le jeune homme a gardé le réflexe du centre-ville, qu'il privilégie à Cap Sud, « trop éloigné ». Ce jour-là, c'est chez Devred, pour des vêtements d'été, que le Levrousain a jeté son dévolu.
Et des habitants des communes alentour, on en rencontre d'autres encore dans les rues de Châteauroux, comme Claudia, de Buzançais. Même si cette enseignante, férue de mode, fait ses achats en ville, elle est aussi adepte des deux tendances qui font le plus de concurrence au cœur de la ville : « Je fais aussi mes courses sur Internet et même des virées jusqu'à Cap Sud », confirme la mère de famille.
Quant aux passionnés de bricolage, ils ont déjà tranché depuis longtemps. Faute de boutique en ville, ils se fournissent en périphérie, car ils n'ont « pas le choix ».

la question

Pourquoi le centre-ville se vide-t-il ?

Christine Romero, géographe spécialisée en développement local : « La désertification des commerces en centre-ville au profit des zones périphériques comme Cap Sud, est un débat ancien. Il serait donc réducteur de s'arrêter à des causes superficielles, conjoncturelles et politiques. Le problème est un problème de fond et concerne une réelle mutation de la société et des modes de vie des populations. Les individus investissent en effet aujourd'hui des territoires totalement différents d'il y a cinquante ans. Ils gravitent autour de différents espaces : le lieu de résidence, de travail ou de loisirs ; alors qu'auparavant, ils se concentraient autour d'un centre commun hiérarchisé. On allait se chausser dans un magasin particulier, on travaillait à 50 m de son domicile, fréquentait les mêmes endroits… Actuellement, la plupart de la population active vit en périphérie des villes, et travaille loin de son lieu de résidence ! Les gens préfèrent donc se déplacer dans un centre commercial près de leur domicile, où leur sont proposés les mêmes produits, au même endroit, qu'aller courir en centre-ville. La mobilité est devenue une vraie valeur. Reflet d'une société en mouvement, toujours. »

Sophie Ughetto